L’autre Île de Beauté

Inutile d'aller  plus loin que ce titre dans la comparaison qui lie la première île de Méditerranée pour la longueur de ses côtes avec sa petite sœur trônant quelques milles plus au nord. Bien sûr, on y trouve aussi des taffonis et le granite de la Maddalena est bien le même que celui des Lavezzi mais non, la Sardaigne n'est pas la Corse en plus grand et pour s'en convaincre, il suffit d’embarquer                                                          SardCarTopo

 

  

Naviguer en Sardaigne

Les vents dominants sont de nord-ouest, c’est le fameux Maestrale, le sens de chaque parcours en tient compte. Les ports et les marinas sont rares en Sardaigne ou il n'y a pas de forte tradition de pêche; les Sardes sont des terriens peu tournés vers la mer, les nombreux étangs du littoral étaient autrefois synonymes de malaria et l‘on s’en tenait à bonne distance. À leur décharge, ce sont ces étangs et leurs cordons lagunaires qui par leur action de filtre donnent aux eaux Sardes leur transparence. Les parcours proposés ici sont autant que possible découpés en journée de 20 à 30 km soit 4 à 6 heures de navigation tranquille. Les départs et arrivées se font de préférence dans des ports où l'on peut se ravitailler et embarquer même par mer agitée; cela évite de plus les parkings payants de certaines plages. 

 

Enchaînez ces parcours, vous ne serez pas déçus. La Sardaigne développe tout son potentiel "kayakistique"  dans la randonnée au long cours. Les navettes s’organisent facilement et à peu de frais en bus et même en train, particulièrement sur la côte Ouest. 


La partie nord  (6 parcours)  Ce secteur offre de très belles sections pour qui ne veut pas faire beaucoup de kilomètres en voiture parce que d'une part, en venant de France on arrive sur l’île par le Nord, d’autre part parce que les trajets de navettes y sont très directs. Sur les six parcours proposés, trois sont des circuits. Outre les eaux claires propres à l’ensemble de la Sardaigne, les ambiances vont du granite à l’Est aux schistes de la côte Ouest en passant par les grandes plages de sable et de nombreuses reliques volcaniques.

L’arrivée en ferry  • Santa Teresa depuis Bonifacio  • Porto Torres depuis Propriano ou Marseille  •  Palau depuis Gênes et Porto Vecchio  • Olbia depuis Gênes


 La partie ouest   (10 parcours)   Il faut pagayer l'intégralité de cette côte Ouest et si vous disposez de peu de temps, le choix d’un parcours risque d’être douloureux tant il y a à voir. Le paysage est extrêmement varié et préservé; hormis les rares ports, les quelques traces humaines se réduisent à des pistes sillonnant les collines. Cette côte occidentale offre aussi l’avantage non négligeable de somptueux couchers de soleil, on y trouve une grande diversité géologique: beaucoup de traces de volcanisme, du karst ainsi que de nombreuses dunes de sable.

 L’arrivée en ferry  • Porto Torres depuis Propriano ou Marseille  • Cagliari depuis Gênes


La partie Est   (5 parcours)  Cette zone est la plus touristique de Sardaigne;  cela est en grande partie dû à ses grandes plages de sable. Le pagayeur en quête de tranquillité trouvera néanmoins toujours un coin pour se poser. La Costa Smeralda n’est pas mentionnée dans ce tour d’horizon. Libre à vous d'aller y naviguer entre les yachts et les plages privées. 

 L’arrivée en ferry  • Santa Teresa depuis Bonifacio  • Palau deuis Gênes et Porto Vecchio  • Olbia depuis Gênes  • Arbatax depuis Gênes  • Cagliari depuis Gênes

 NB: Un ferry relie Olbia à Arbatax: 5 heures de navette pour 7 jours de navigation incluant Tavolara et le Golfe d’Orosei, qui dit mieux? 


Et si l'on faisait le tour?  Nous n'avons pas fait ces randonnées telles qu'elles vous sont ici présentées, nous nous sommes "contentés" de faire le tour de l’île à la pagaie. Ses 1849 km de côtes placent la Sardaigne en première place des îles de Méditerranée avant la Sicile. Une circumnavigation peut se négocier à moins de 700 km en coupant quelques golfes. Pour nous, en août et septembre 2012, ce furent 37 jours de navigation sans jour de repos.

Pratiquement tout est beau sur ce périple hormis quelques sites industriels aux alentours de Porto Torres et Cagliari. Le Capo Figari au nord de Tavolara ainsi que le Capo Sant’Elia tout proche de Cagliari sont magnifiques, un bivouac dans les îles du Golfo di Congianus est un moment de pur bonheur mais comment les inscrire dans une randonnée à la journée sans exploser son budget "essence”? Voilà de bonnes raisons pour naviguer sur plusieurs semaines, laisser s'installer cette douce routine, bato, dodo, fricot, popo (pas dans l'eau). Nous étions partis sans voiture depuis Marseille - transport des kayaks gratuit par La Méridionale. Un chariot fut bien utile pour faire les quelques centaines de mètres séparant le quai de la plage la plus proche. Comme carte:  l’IGN routière au 250/000; nous avons découvert sur la fin du séjour la "Marco Polo" Italienne au : 200/000 bien plus détaillée. Un point de bivouac potentiel tous les 10 km en moyenne avait été repéré sur Google Earth . À noter que l'eau du robinet est potable malgré certaines informations erronées; quant aux Sardes, ce sont des amours. Pour ne pas trop idéaliser le tableau, il faut aussi dire un mot sur le rapport  très méditerranéen qu’entretiennent les insulaires avec l’environnement :

“La plage est équipée de poubelles mais dès que l'on s'enfonce dans le maquis alentour, c'est “crade de chez crade” malgré les interdictions de faire du feu, de camper.... vraiment pas persuadé que ces déchets soient uniquement l’œuvre des touristes de passage. Ceci est malheureusement une constante en Sardaigne. Lors d'un bivouac précédent, un sac de détritus a atterri à quelques mètres de nos têtes, un soir, lancé du haut de la falaise”. 


Rats, moustiques et marée  Il est un aspect de la faune sarde à ne pas négliger: les moustiques (la Sardaigne est ceinturée d’étangs) et les rats sur les îles de la côte orientale; ce n'est pas une légende, chacun aura son anecdote à raconter. Pour les premiers, se munir d'une moustiquaire et de répulsif; on se couche très tôt le soir pour se soustraire à leurs attaques. Pour les seconds, ne pas laisser traîner de nourriture, la suspendre aux arbres ou la rentrer dans les caissons. Malgré ces précautions, nous eûmes une nuit un sac étanche percé, le mystère reste entier.

P1040203Pour ce qui est de la marée, c’est son faible marnage qui la rend sournoise: des bateaux qui commencent à s‘entrechoquer en pleine nuit, une petite baïne qui se remplit là ou l’on avait planté la tente, qu’il est désagréable de se relever en plein sommeil...


Les zones militaires   L' Italie étant membre de l’Otan, vous ne trouverez aucune photo de ces zones militaires sur Google Earth. 75% des bases militaires italiennes sont sur l’île. De plus, l’état Italien loue à prix d’or ces terrains à des fabricants d’armes pour leurs essais. Les sites sont calmes durant les mois d’été mais ils restent contaminés (uranium, thorium...) et sans doute plus qu’en zone de guerre puisque les tirs se répètent chaque année.

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Nous en avons longé quatre: 

— Torre Pogina, côte Nord-Ouest, sur 1,5 km - gardé.

— Capo Teulada, côte Sud: non gardé.

— Salto di Quira, côte Sud-Est. Une marina gardée.

— Tavolara/Cala Timone, côte Nord-Est: grosse antenne d’observation de sous-marins - gardée.


Loueurs - excursions encadrées   Du sit-on-top au kayak ponté, de la location avec navette aux cours et randonnées encadrées sur plusieurs jours: on peut au besoin débarquer en Sardaigne sans son matériel. Un moniteur de Cagliari croisé un jour nous annonça fièrement avoir plus de 65 randonnées différentes à son catalogue. 

Liste non exhaustive:

http://www.seakayaksardinia.com

http://www.cardedu-kayak.com/

http://www.locationsardinia.com/index.htm      

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